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Histoires locales. Recherches généalogiques.

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Le Scandale des Briques à Cachan

Un différend entre architectes

ou un conflit politique ?

E 

n parcourant les registres de délibérations du conseil municipal  de  Cachan[1] pour mieux connaître les conditions de construction des édifices de notre commune (écoles, gymnases, stades, mairie etc.), le lecteur  trouve un rapport de commission qui occupe 23 pages de ce registre de 1935[2], alors qu’habituellement ce type de document occupe moins d’une page.

Là, je découvre ce que l’architecte municipal[3]  a qualifié de « Scandale des briques ».

De quoi s’agit-il ?

Permettez-moi d’abord un petit rappel : créée administrativement  en 1923, la commune de Cachan a gardé comme mairie des locaux provisoires jusqu’en 1935. « En 1925, la mairie sera installée provisoirement dans un petit bâtiment d’abord destiné à être un bureau de poste. Les deux années précédentes (1923-24), l’équipe municipale est installée dans des locaux loués rue Camille Desmoulins. A ce moment là, Cachan n’a pas de mairie. Léon Eyrolles considèrera plus tard que cette première mairie provisoire «offrait des conditions déplorables pour effectuer du travail »[4].

 

Inauguration.jpgL’actuel hôtel de ville a été inauguré le 31 mars 1935 par Pierre LAVAL alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Pierre Etienne FLANDIN[5] à qui il succède le 7 juin 1935.

Ce jour là, Léon EYROLLES,[6] maire de Cachan, est entouré par M. MOUNIÉ, sénateur-maire d’Antony et M. GRATIEN, député. Le ministre visite aussi les écoles Belle-Image et Paul Doumer qui viennent d’être inaugurées. Dans son discours, après un éloge de l’action de M. EYROLLES, le ministre évoque « les événements redoutables advenus depuis cinq mois. Il parle de la Sarre, qu’il refuse de transformer  en problème Franco-allemand, de la question Italo-yougoslave, du rapprochement Franco-italien. Il affirme que personne en France ne voulait la guerre, mais personne ne se résignerait à subir  des humiliations. La paix, nous  voulons la tenir dans l’honneur et la dignité »[7]

Nous sommes là, loin des préoccupations immédiates des Cachanais, qui, en dehors de leur quotidien,  vont devoir choisir une équipe municipale lors des élections des 5 et 12 mai 1935.

 

Le contexte politique cachanais

Trois listes briguent leurs suffrages, « l’Union Républicaine » conduite par le maire sortant, Léon EYROLLES, une liste SFIO, avec à sa tête un architecte, Antoine MARCILLOUX et une liste Communiste, conduite par Claude CELLIER.

Au cours de la campagne le combat politique est rude.

Ainsi, Léon Eyrolles, dans un de ses tracts, doit longuement se justifier à propos de l’adjudication du marché de ferronnerie de l’hôtel de ville qu’il vient d’inaugurer. La campagne fait rage et les journaux[8] locaux qui lui sont favorables, rendent coup pour coup aux autres listes qui elles-mêmes l’attaquent violemment. Ils publient des textes contre les candidats SFIO  ou communistes avec des poèmes ou des dessins satiriques pour les renforcer dans leur combat et frapper l’imagination de chacun. [9]

 

 

 

Election1935.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Cauchemar d’une nuit d’été[10] 

 

Un soir, à son balcon aux orgueilleux balustres,

Antoine profilait sa silhouette de rustre,

Durant qu’en son cerveau, embué par l’alcool,

Ses plus folles chimères avaient leur vol,

Il avait, ce jour là, fait maintes libations

L’ivresse stimulait son imagination,

Et divaguant alors, sous la clarté lunaire,

Il se crut de Cachan devenu maire !

Ce rêve lui causait une indicible joie.

Quand il crut, dans la nuit, percevoir une voix.

C’était le gros cafard, plus saoul que d’habitude,

L’outre gonflée de vin, tout débordant de zèle.

Agitant ses bras courts, comme un pingouin ses ailes

« Excusez-moi Antoine, de venir un peu tard,

Dit-il dans un hoquet imprégné de pinard.

Mais le moment est grave, surmonte ton émoi,

Il faut que tu sois maire, on a besoin de toi !

Avec nous tu triomphes, on a besoin de toi !

Malgré le dur affront des innombrables vestes… 

« Oui, je veux de Cachan assurer le bonheur. »

Mais l’écho, tout à coup, a répondu : Menteur !

 



[1] Archives de Cachan, registre des délibérations du conseil municipal de 1926 à 1939.

[2] Soit environ 50 pages dactylographiées en A4

[3] Monsieur René CHAUSSAT

[5] Président du Conseil de novembre 1934 à mai 1935.

[6] Maire de Cachan de 1929 à 1944

[7] Journal « Le Moniteur » du 6 avril 1935. Archives du Val-de-Marne

[8] Journaux en partie consultables sur le site Internet des Archives du Val-de-Marne. http://archives.cg94.fr/consultation/cdc/ead.html?id=FRAD094_000246

[9] Le Moniteur du 4 mai 1935, Archives du Val de Marne

[10] Extrait du poème publié dans « Le Moniteur » avril 1935, Archives du Val-de-Marne sur Antoine MARCILLOUX.

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